Rencontre avec Sébastien Sako, fondateur de la Team SkyWalker

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Découvrez Sébastien SAKO, coach individuel de basketball et fondateur du projet Team SkyWalker qui consiste à aider de jeunes basketteurs français à atteindre le niveau pour passer professionnels. Vous pourrez suivre leur progression régulière à travers une série hebdomadaire qui est prévue pour le 25 janvier 2016 sur la chaine Ofive.

Bonjour Sébastien. Merci de prendre le temps de nous rencontrer. J’ai visionné le teaser de ta série et j’ai trouvé ça original. Je souhait en savoir davantage. En quoi consiste la team SkyWalker ?
La Team SkyWalker c’est avant tout une famille de jeunes basketteurs qui ont envie de faire de leurs rêves un objectif. Ca fait 7 ans qu’elle existe et que je les accompagne. Aujourd’hui je suis 7 jeunes qui sont partis aux Etats-Unis et un autre qui est en France et qui attend de les rejoindre.

Et la série, qu’est ce que c’est ?
La série c’est un moyen de faire connaitre le projet. Ca fait 4 ans quasiment qu’on bosse dessus. On s’est inspiré de « Hoops Dream » et de « À la Clairefontaine ». Je travaille avec un pote qui a monté son agence de communication créative, Valyu Images. Je lui ai raconté mon projet et il a tout de suite adhéré. Il a été assez fou pour m’accompagner jusqu’aux Etats-Unis avec son matos pour suivre l’évolution des joueurs. On est parti tout seul, on a mis nos propres sous.

Qu’est qu’on va pouvoir voir dans cette série ?
Tu vas pouvoir suivre l’évolution des joueurs. Tu me verras travailler en France pour les aider à partir aux Etats-Unis et ensuite tu pourras suivre leur progression là-bas, jusqu’à une éventuelle intégration en NBA, ce que je leur souhaite. Ca va peut être donner l’envie à un jeune qui n’est pas loin du niveau de mes joueurs de se motiver et, je me répète, de transformer ses rêves en objectif.

Qu’est qui t’as motivé à te lancer dans un tel projet ? Car c’est plutôt ambitieux.
Même si j’ai reçu beaucoup d’aide dans ma vie il ya eu des manquements. A certains moments je n’ai pas eu la chance d’avoir une personne sur qui m’appuyer pour pouvoir franchir le palier qui m’aurait permis de faire une plus grande carrière. Sans prétention, je voudrai être comme une béquille pour ces jeunes joueurs et leur apporter ce petit plus pour les aider à la fois physiquement et psychologiquement.

Comment fait-on pour rejoindre la Team Skywalker ?
J’ai beaucoup de demandes mais je ne peux pas accepter tout le monde. Il faut que les mecs aient du talent. Qu’ils aient du cœur aussi. Je ne veux pas d’energies négatives. On n’est pas la pour révolutionner le game mais on veut kiffer dans ce que l’on fait. C’est pour ca que je n’ai que 8 joueurs. J’arrive à rester concentré sur eux.

Du coup tu es un genre d’agent de joueur amélioré ?
Enfet non. Je serai un agent si je touchais de l’argent. Moi je ne touche rien. Je les aide à trouver une formation aux Etats-Unis et je les suis dans leur apprentissage. Si ces joueurs se font repérer, ils vont dire que c’est moi qui les ai envoyé et que je suis un bon formateur, et peut être que ca va déboucher sur une offre de coaching ou de scouting pour une équipe. C’est une relation gagnant-gagnant. Je veux être reconnu comme bon formateur.

Comment tu t’en sors financièrement ? Car il faut bien remplir le frigo.
C’est dur. C’est que de l’argent qui sort. Mais bon, je reçois quand même des aides de deux villes qui me mettent des salles à disposition. J’ai aussi un équipementier qui ma rejoint depuis l’année dernière : la marque Peak.

Tu les suis toutes les semaines, tu leur fais un entraiment personnalisé ?
Je les suis quotidiennement même. Chacun à son propre programme car chacun est différent. J’adapte l’entrainement en fonction de leurs besoins. En plus j’essaye de leur faire profiter de mon expérience dans le milieu du basket.

Comment ca se passe pour les placer aux Etats-Unis ?
Je n’ai pas de partenariats avec des universités ou des highs schools mais j’ai beaucoup de contact avec des entraineurs avec qui je travaille depuis 7-8 ans. Nous avons établi une relation de confiance. S’ils ont besoin d’un joueur et si je peux leur conseiller quelqu’un de bien, je le fais. Par exemple, un de mes protégés, Kevin Cham, entre dans sa 4ème année avec Montverde Academy en Floride. Il est triple tenant du titre du championnat national des lycées.

Par rapport au niveau scolaire, tu leur impose des choses ?
Je n’ai pas besoin de leur imposer quoi que ce soit. Aux Etats-Unis, si tu n’as pas un C de moyenne (14/20) tu ne peux pas aller sur le terrain. Donc si tu veux jouer au basket t’es obligé d’avoir des bonnes notes. Mais ça ils le savent et ils sont motivés. Je peux les aider mais ils doivent d’abord s’aider eux-mêmes. Ils doivent avoir un bon comportement et se donner à fond dans ce qu’ils font. Les études sont importantes. Si demain ils se blessent avant de devenir pros, c’est fini. Mais s’ils ont des diplômes ils peuvent enchainer sur autre chose.

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Les 8 joueurs de la Team SkyWalker : Dylan cham, Anthony Kabala,
Sehill Mouliom et Vincent Vent, Karim Mouliom,Rholy Mouliom,
Axel Kabala et Kevin Cham

Quel est l’objectif final ? La NBA ?
Moi je suis honnête avec mes gars. Je leur dis qu’ils ont autant de chance de partir en NBA que de se faire frapper par la foudre en marchant dans la rue (rire). Je pense qu’ils en ont conscience. En NBA la première des choses qui compte c’est la taille. Le potentiel physique aussi est important. Si tu fais 2m10 et que tu cours le 100m en moins de 12 secondes tu vas en NBA direct.

Si ca ne marche pas, est ce qu’ils ne seront pas trop déçus de revenir pour jouer en Europe ?
D’une manière générale je pense que beaucoup de gens qui partent aux Etats-Unis pour tenter de faire carrière vivent assez mal leur retour en France. Quand tu pars là-bas, tu pars avec ton rêve de NBA. Mais le niveau est très élevé et tout le monde ne peut pas l’atteindre. Et puis il y’a beaucoup de concurrence. Quand ils sont sur place la réalité est dure. Ils ne doivent rien lâcher.

Avec de telles perspectives de carrières est ce que les parents ne mettent pas trop la pression sur leurs fils ?
Non. Celui qui met la pression c’est moi (rire). Sérieusement, on essaye de les mettre dans un cadre idéal pour qu’ils soient à l’aise. On veut kiffer entre nous. Apres c’est sur que quand t’es un père basketteur et que ton fils progresse dans ce sport, tu vis un peu ton rêve a travers lui. Mais ce n’est pas négatif. Tu le soutiens au maximum mais s’il échoue tu ne vas pas le renier.

Tu verras tout ca dans la série dès le 25 janvier sur Ofive. Je ne dis pas que je vais révolutionner le game, parce que ce n’est pas vrai, mais je pense que je peux apporter ma pierre à l’édifice.

Justement parlons un peu du monde du basket. Qu’est ce que tu as pensé de l’Eurobasket organisé par la France en septembre dernier? Ce n’était pas le succès attendu…
Je pense qu’il ya eu un problème au niveau de la communication. Les matchs sont passés seulement sur Canal +, il n’y a eu que la demie finale qui était sur France 2. Peut être que les chaines sont réticentes et qu’elles se disent que le basket ça fait pas kiffer. Peut être qu’elles se disent qu’elles vont perdre de l’audimat si elles mettent les matchs en prime time. Pourtant ce n’est pas tous les jours que cet événement se déroule en France. Quand tu vois des gars comme Tony Parker ou Boris Diaw qui sont des stars aux Etats-Unis et qu’on les met pas en avant France, tu te dis qu’il ya un problème. Surtout que c’était le dernier euro de cette génération

Qui est en cause à ton avis ? La Fédération peut être ?
Franchement je ne sais pas. Je ne sais pas qui fait la communication. Y’avait un gros truc à faire. On aurait du matraquer l’événement partout, sur les Champs Elysée par exemple.

Si je te parle du Quai 54 qui pour le coup est très médiatisé, comment tu expliques que des indépendants sont arrivés à créer un événement avec autant d’ampleur, alors que le basket professionnel a du mal à remplir les salles ?
Ca rejoint ce que je dis. La Ligue ne fait pas rêver les gens. Quai 54 ca fait rêver. T’as de la musique, t’as de l’ambiance, t’as de bons joueurs. Ils savent faire le show. Ca leur parle ça aux jeunes. Les institutions devraient s’en inspirer. Prend Tony Parker par exemple. Ce mec fait beaucoup pour la France mais on ne l’apprécie pas à sa juste valeur. On devrait le médiatiser davantage.

Que penses-tu de la transformation du basket aux Etats-Unis ? Notamment de sa relation avec le hip hop qui lui a insufflé un coup de jeune.
Je pense que l’engouement pour le basket est arrivé avant les années 2000 et le hip hop. A mon avis c’est Jordan qui a vraiment fait grandir ce sport. Après c’est vrai que sa retraite à fait un vide que le coté gangsta de la génération Iverson a comblé. En France par contre les institutions ne sont pas assez ouvertes. Il y’a plusieurs origines dans le pays. Regarde l’équipe de France. 8 joueurs sur 10 sont des noirs ou métisses. Moi je suis français mais j’ai aussi une autre culture. Je ne sais pas s’ils ont fait ce qu’il fallait pour que tout le monde kiffe. Dans certaines formations en France tu n’as même pas le droit de dunker !

Comme le basket est un sport collectif pense-tu qu’il pourrait avoir un rôle plus important dans la vie sociale des villes, surtout en milieu urbain ?
Tout à fait. Comme tu dis c’est un sport collectif, donc il y’a du partage. Le basket c’est beaucoup de facteurs : puissance, agilité, adresse, vivacité, endurance et vitesse. C’est une bonne école de la vie. Si tu réussis à te surpasser sur le terrain, ca va te rendre plus fort. Si tu rencontre une difficulté dans ta vie, ça peut t’apporter de la combativité. Je connais des jeunes qui ont été en difficulté, le sport les a aidés à changer. Moi-même le basket m’a aidé à m’améliorer, humainement parlant. Je me suis mis en compétition avec moi-même. Le sport peut vraiment changer ta life.

Notre entretien se termine. Nous te remercions encore de ta disponibilité. Un dernier mot pour finir ?
It’s not a dream it’s a goal !

Retrouvez la Team SkyWalker sur Facebook, Youtube, Twitter et Instagram.

Propos recueillis par Pierre-Marie Gosselin.

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