La Nuit des Noirs à Dunkerque continue de faire polémique

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Le carnaval de Dunkerque est dans le collimateur des associations anti-racistes (Crédit photo : Marc Demeure)
Le carnaval de Dunkerque est dans le collimateur des associations anti-racistes (Crédit photo : Marc Demeure)

En décembre dernier, l’annonce de la 50eme édition de la Nuit des Noirs à Dunkerque qui doit se tenir le 10 mars, à l’occasion du carnaval, avait attiré l’attention de la Brigade anti-négrophobie. Pendant cet événement ancré dans la tradition de la ville, des carnaleux se griment le visage en plusieurs couleurs, dont en noir, ce que dénoncent les organisations antiracistes qui y voient du blackface (se déguiser en noir quand on est blanc), une pratique qui a « des origines incontestablement racistes et coloniales ».

Deux mois plus tard le bras de fer entre les carnaleux et les associations anti-racistes continue, avec cette fois-ci l’intervention du CRAN (Conseil représentatif des Associations Noires de France). Le président de l’organisation a dénoncé l’événement dans une tribune publiée dans Le Monde. Pour lui le blackface « n’est pas seulement un acte raciste, il a partie liée avec le crime contre l’humanité. Il est l’envers grimaçant de l’esclavage, qu’il a rendu tolérable, voire tout à fait divertissant, aux yeux des peuples d’Occident ». Il rappelle également que Dunkerque a « participé au commerce négrier ». Fêter la Nuit des Noirs s’apparente donc à une « posture négationniste favorisée par la faiblesse du travail de mémoire effectué par la ville ».

Néanmoins, il ne réclame pas l’annulation de la fête, mais le changement de thématique, comme par exemple l’appeler Nuit des Bleus afin d’éviter la référence coloniale… D’après Maître Joanes Louis, avocat du CRAN, « L’ONU a condamné cette pratique (le blackface) qui, quand bien même elle était coutumière, ne correspondait plus aux mœurs d’aujourd’hui ».

De leur coté les Dunkerquois ne comprennent pas les accusations de racisme qu’on leur porte et « trouvent la polémique un peu ridicule ». Le maire de la ville a fait appel au « droit à la caricature » et accuse les anti-racistes de faire preuve de « pulsion liberticide ». Il a d’ores et déjà annoncé que c’était un droit « auquel nous ne renoncerons pas » et a précisé que toutes les couches de la population étaient concernées : « une femme devient homme et un homme porte robe et perruque, un ouvrier joue les banquiers, un athée se fait ecclésiastique, un Blanc se fait Noir, un bon bourgeois se mue en bagnard ».

Actuellement le blackface est plus polémique que jamais, aussi bien en France avec l’affaire de la photo d’Antoine Grizemann grimé en Harlem Globetrotter il y a deux mois, qu’en Chine où une actrice est apparue maquillée en noir et les fesses rembourrées dans un sketch télévisé pour fêter le Nouvel an chinois


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