Le bar « La Première plantation » va changer de nom

Un bar à cocktail lyonnais a fait un bad buzz à cause de son concept : l’époque coloniale (Crédit photo : DR)
Un bar à cocktail lyonnais a fait un bad buzz à cause de son concept : l’époque coloniale (Crédit photo : DR)

Quand ils ont ouvert le bar à cocktail La première plantation le 21 août dernier dans le 6e arrondissement de Lyon, les deux gérants n’imaginaient pas se retrouver au centre d’une polémique de grande ampleur. Leur concept : « un lieu d’échanges, de partages, convivial autour du rhum, sa culture et son histoire ». Le nom est d’ailleurs une référence aux plantations de canne à sucre dont le rhum est issu et au fait qu’il s’agisse de leur première affaire.

Mais ce positionnement s’est rapidement transformé en baz buzz, suite à l’article d’une journaliste du Petit Bulletin. Selon elle, les entrepreneurs auraient cherché « à retranscrire l’esprit colonial, un esprit à la cool, une époque où l’on savait recevoir ». Et quand elle leur demande ce qu’il en ait de « la partie esclave, là-dedans » ils auraient répondu avoir « mis quelques photos dans les toilettes » (qui s’avéreront en fait être des clichés d’une maison de maître victorienne et un champ d’ananas).

Leurs propos ont scandalisé les internautes qui se sont déchaînés en les insultant et en les menaçant sur leur page Facebook (aujourd’hui fermée), les accusant de faire l’apologie de la colonisation et de l’esclavage. Un appel au boycott et une pétition qui a recueilli près de 6000 signatures ont rapidement circulé tandis que Le CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) a dénoncé des « propos odieux », rappelant les « centaines de millions de victimes » de la colonisation.

Dépassés par les événements, les gérants ont reconnu la maladresse de leur communication et ont fait leur mea culpa dans le journal. L’un d’eux à déclaré : « Nous avons répondu des absurdités. Nous ne cautionnons pas du tout cette période de l’histoire. Nous avons fait une faute ». De son côté le Petit Bulletin, a publié ce rectificatif après les avoir rencontrés une deuxième fois: « Aucun d’eux n’est raciste ou soupçonné de complaisance envers l’esclavage. (…) Leur propos est la conséquence d’une méconnaissance de cette période de l’Histoire ».

Pour calmer la situation ils ont annoncé qu’ils changeront le nom de l’établissement et son logo. Ils organiseront également une soirée caritative dédiée aux drames de la colonisation. Louis-George Tin, le président du Cran qui a pu s’entretenir avec eux, « a pris acte de ces excuses » et a salué la mobilisation citoyenne sur les réseaux sociaux, mais reste vigilant et attend de voir si les promesses seront tenues.

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