Loi Egalité Réelle en Outre-mer: Serge Romana a entamé une grève de la faim

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Depuis plusieurs années la France commémore les 10 et 23 mai comme dates mémorielles de l’abolition de l’esclavage. Afin de renforcer ces deux dates, deux amendements ont été proposés en octobre dernier dans le cadre du projet de loi Egalité Réelle en Outre-mer, l’un pour modifier la dénomination de la loi du 30 juin 1983 en ajoutant les mots « et en hommage aux victimes de l’esclavage colonial », l’autre en inscrivant les deux dates dans le cadre de la République. Bien que l’Etat français reconnaisse ces deux dates, le 10 mai n’est commémoré qu’en métropole selon le décret du 31 mars 2006 et le 23 mai n’est cité que dans la circulaire du 29 avril 2008. Pour des raisons historiques Les DOM-TOM ont d’autres dates mémorielles.

Mardi dernier la commission des lois a réduit de 116 à 88 articles le texte de loi Egalité Réelle en Outre-mer. Parmi les propositions supprimées on trouve l’article 20 A qui instaure notamment le 23 mai comme date officielle de commémoration de l’esclavage. La commission estime difficile de « mobiliser et entretenir le devoir de mémoire autour de deux dates distinctes ». En effet, l’idée de l’article en question est d’instaurer une date pour commémorer les combats qui ont abouti à l’abolition de l’esclavage (10 mai) et une deuxième en hommage aux victimes de ce système (23 mai).

Pour contester cette décision, le président du Comité Marche du 23 mai 1998 (CM 98) Serges Romana a entamé vendredi dernier une grève de la fin devant le Sénat. Il s’est installé avec une tente sur la place devant le bâtiment et y passe ses nuits alors que la température est en chute libre. « Mon action est un cri de révolte contre le sénateur de la Guadeloupe Félix Desplan. En commission des lois mercredi, il a supprimé cet article fondamental pour que l’esclavage ne soit pas toujours une source de division et de combat entre nous » a-t-il déclaré.

Serges Romana a pu compter sur plusieurs soutiens, tous aussi déterminés que lui. Il a annoncé qu’il poursuivra sa grève de la faim jusqu’à la fin de la session parlementaire du Sénat, qui est prévue en milieu ou fin de semaine. Il refuse cependant de jouer la carte de la victimisation. Comme il l’explique, « ce sont nos ainés qui en sont les victimes, pas nous ».

L’article 20 A pourrait être réintroduit à la suite du débat sur le projet de loi qui aura lieu mardi.

Crédit photo (DR)

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